Sur les superstitions du vendredi 13

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Sur les superstitions du vendredi 13

Message  Francesca le Dim 15 Avr 2012 - 12:22

Dans une émission Toute une histoire avec Sophie Davant du vendredi 13 avril 2012 à 13h55

On y parlait des superstitions... j'ai regardé et ça m'a plu.....


le sujet : Qu’on soit superstitieux ou plutôt terre à terre, quand vient le vendredi 13, cette question effleure tous les esprits : va-t-il porter bonheur ou au contraire, apporter son lot de mauvaises nouvelles ? Résultat, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui vont rester sur leurs gardes. A commencer par nos invités, qui ont des raisons de croire que le mythe du vendredi 13 est bien fondé !

Vous pouvez revisionner cette émission ici : http://www.pluzz.fr/toute-une-histoire-2012-04-13-13h55.html

J’ai beaucoup aimé la bonne réflexion d’introspection de la dame qui est arrivée après… bonne source s’apprentissage…. Remettre un peu les choses dans leur contexte… J’adore !

Donnez votre avis… ce peut être fort intéressant également !
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Francesca
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Histoire du 13

Message  Francesca le Mer 6 Juin 2012 - 17:09

Résolu à percer le mystère du nombre 13 et de sa mauvaise renommée, un chroniqueur de "La Semaine des familles" en 1862, entreprend de nous montrer que les craintes liées à celui-ci sont ancestrales et obéissent à de rudimentaires lois mathématiques : si un ouvrage du Ve siècle aborde les propriétés des nombres en évitant soigneusement ce 13, si tous ont à l’esprit ce qui survint après le dernier repas du Christ et des douze apôtres, nombre de malheurs ne surviennent-ils pas sans le moindre rapport avec cet étrange nombre ? nous dit-il

Nombre 13 : à quand remonte sa noire renommée et se justifie-t-elle ?

Un drôle de bien mauvaise mine, n’est-ce pas ? que personne n’aime à rencontrer sur sa route, tant peu même qu’on soit esprit fort : non pas qu’un bourgeois éclairé en ait peur, oh ! non ; seulement il a des préférences pour les nombres 12 ou 14 : pure affaire de goût. Mais les petites gens ont, à cet égard, des idées plus arrêtées ; et vous savez tous, d’après le dicton populaire, quel sceau fatal ce nombre imprime sur les réunions qui se forment sous son enseigne.

Cette idée funèbre remonte assez haut, et dans le Moyen Age, et même probablement beaucoup par delà. Notre ami Jérôle Dumoulin nous a cité une gravure de l’an 1507, représentant un certain nombre de messieurs autour d’une table bien servie, mais avec ce quatrain au bas :
Voyez-vous treize humains en troupe
Attablez et mangeant la soupe,
Sachez que l’un d’iceulx sera
Trespassé quand l’an finira.


Cette petite légende n’est évidemment qu’un écho d’une opinion déjà bien établie, et qui remontait très haut : on ne voit pas comment elle aurait pris naissance à telle ou telle époque du Moyen Age ; et l’on conçoit que celui-ci ait pu l’accepter traditionnellement, comme beaucoup d’autres, d’une époque antérieure. Voyons un peu ce qu’à cet égard on peut tenter de recherches ou établir de conjectures, puis enfin ce qu’il faut penser au fond de cette influence néfaste et bizarre attribuée à ce nombre. Il y a bien des gens, dit-on, qui valent mieux que leur renommée. Un chiffre ne pourrait-il pas également être victime de l’opinion publique et valoir mieux que sa réputation ?

Il est d’abord naturel de rechercher si cet ostracisme n’aurait pas une origine païenne, et facile de reconnaître qu’il en est ainsi. Tout le monde sait que les pythagoriciens avaient sur les propriétés mystérieuses des nombres des idées fort savantes ou réputées telles par la foule, et que cette philosophie à baguette et à grand bonnet a été fort en honneur et en crédit pendant plusieurs siècles. De ces idées, que nous ont transmises les Grecs avec le « célèbre jeu de l’oie, » on trouve un résumé dans l’ouvrage d’un nommé Macrobe, chambellan, ou quelque chose comme cela, à la cour de l’empereur Théodose II, dans le cinquième siècle. Le livre a pour titre : Commentaire sur le Songe de Scipion ; et il n’est pas tellement amusant que je vous conseille de le lire. Oh ! non ; contentez-vous de savoir que l’auteur y entre dans d’assez grands développements sur les propriétés des nombres des trois premières décades.

Il y est dit une foule d’ennuyeuses mais très belles choses en faveur de l’unité ; beaucoup de bien du nombre 2 ; encore plus de bien du nombre 3. Viennent des choses également très flatteuses pour les nombres 4 et 5. Le nombre 6 reçoit aussi des compliments, comme résultant de la combinaison de deux nombres aussi honorables que 2 et 3. Le savant auteur se montre plein d’enthousiasme pour le nombre 7, auquel il ne reconnaît pas moins de onze qualités qui doivent lui assurer la prééminence sur tous les autres. Puis nous trouvons des choses intéressantes sur les nombres 8, 9 et 10, résultant de la combinaison des précédents ; et, en passant, je vous ferai remarquer, à l’honneur du nombre 9, résultant de la quadrature du nombre 3, déjà si parfait, que, se combinant comme facteur avec l’incomparable nombre 7, il donne le fameux nombre final du jeu de l’oie, ce triomphal 63.

Vient le tour du nombre 11 ; en son honneur défilent les 11 cercles zodiacaux. Les raisons ne manquent pas en faveur du nombre 12. Puis vient le nombre... 14 ! qui résulte de la combinaison de 2 et de 7 ; puis 15, puis 16, dont on devine aisément les titres. On trouve encore quelque chose d’aimable pour le nombre 17 !... Oui, 17 ! attendu « qu’il est la somme des nombres 10 et 7 », qui sont individuellement très intéressants. Raison abusive et malhonnête, s’il en fut : car il n’y a pas de nombre qu’on ne puisse ainsi taire résulter par voie d’addition de deux autres quelconques pourvus de bons certificats de moralité. Mais cet abus même a ici son importance. Car, vous l’avez à coup sûr remarqué, ami lecteur : nous avons, avec Macrobe, passé le nombre 13... et c’est le seul dans la série jusqu’à 18.

Or, il était facile de le composer des nombres 6 et 7, individuellement comblés d’éloges, de même qu’on a composé 17 des nombres 10 et 7. Eh bien, vous voyez que dans ce défilé on affecte de tenir ce 13 à l’écart ; pas un mot en sa faveur, alors qu’on se montre si partial pour ce stupide nombre 17. Je ne pousse pas l’énumération plus loin, et je conclus que, du temps de Macrobe, qui lui-même se réfère à des époques très antérieures, le nombre 13 était un nombre « duquel il n’y avait rien de bon à dire » ; donc un nombre de mauvaise qualité, auquel durent s’attacher, par conséquent, des idées de sinistre augure, quand on le rencontrait quelque part dans la vie de ce monde.

Ainsi dut naître naturellement l’opinion que la réunion de 13 personnes devait porter malheur au moins à l’une d’elles, et ce mauvais destin se formula naturellement aussi en une mort prochaine. Mais des traditions de cette nature trouvaient, au Moyen Age, des esprits fort disposés à les recevoir. Quand les plus hauts philosophes croyaient fermement aux influences astrologiques, on devait admettre, sans broncher, les nombres heureux et malheureux. Or, comme on le voit par ce qui précède, le nombre 13 était le mieux posé de tous pour être désigné comme le nombre fatal.

Voilà donc un premier motif qui dut faire marquer celui-là à l’encre rouge, comme le nombre néfaste par excellence, et qui suffirait pour rendre raison de l’aphorisme qui nous occupe. Mais il en est un autre encore, plus connu de tout le monde, dont l’influence s’ajouta, et devint même prépondérante, surtout sur les esprits du commun. Ce n’est pas Léonard de Vinci qui a inventé la Cène. Cette page de l’histoire évangélique est une de celles que la peinture, à toutes les époques du christianisme, a reproduites avec le plus de complaisance ; en tout temps, le peuple avait sous les yeux cette représentation de la première pâque des chrétiens. Là se trouvent 13 convives, parmi lesquels il en est un dont le front est marqué d’un sceau fatal ; et, après la figure du Sauveur, qui domine cette auguste scène, celle qui attire le plus l’attention du spectateur, et qui appelle ses yeux tout d’abord, est, à coup sûr, celle du traître Judas.

Résolu à percer le mystère du nombre 13 et de sa mauvaise renommée, un chroniqueur de La Semaine des familles entreprend de nous montrer que les craintes liées à celui-ci sont ancestrales et obéissent à de rudimentaires lois mathématiques : si un ouvrage du Ve siècle aborde les propriétés des nombres en évitant soigneusement ce 13, si tous ont à l’esprit ce qui survint après le dernier repas du Christ et des douze apôtres, nombre de malheurs ne surviennent-ils pas sans le moindre rapport avec cet étrange nombre ?

Un drôle de bien mauvaise mine, n’est-ce pas ? que personne n’aime à rencontrer sur sa route, tant peu même qu’on soit esprit fort : non pas qu’un bourgeois éclairé en ait peur, oh ! non ; seulement il a des préférences pour les nombres 12 ou 14 : pure affaire de goût. Mais les petites gens ont, à cet égard, des idées plus arrêtées ; et vous savez tous, d’après le dicton populaire, quel sceau fatal ce nombre imprime sur les réunions qui se forment sous son enseigne.

Cette idée funèbre remonte assez haut, et dans le Moyen Age, et même probablement beaucoup par delà. Notre ami Jérôle Dumoulin nous a cité une gravure de l’an 1507, représentant un certain nombre de messieurs autour d’une table bien servie, mais avec ce quatrain au bas :

Voyez-vous treize humains en troupe
Attablez et mangeant la soupe,
Sachez que l’un d’iceulx sera
Trespassé quand l’an finira.


Cette petite légende n’est évidemment qu’un écho d’une opinion déjà bien établie, et qui remontait très haut : on ne voit pas comment elle aurait pris naissance à telle ou telle époque du Moyen Age ; et l’on conçoit que celui-ci ait pu l’accepter traditionnellement, comme beaucoup d’autres, d’une époque antérieure. Voyons un peu ce qu’à cet égard on peut tenter de recherches ou établir de conjectures, puis enfin ce qu’il faut penser au fond de cette influence néfaste et bizarre attribuée à ce nombre. Il y a bien des gens, dit-on, qui valent mieux que leur renommée. Un chiffre ne pourrait-il pas également être victime de l’opinion publique et valoir mieux que sa réputation ?

Il est d’abord naturel de rechercher si cet ostracisme n’aurait pas une origine païenne, et facile de reconnaître qu’il en est ainsi. Tout le monde sait que les pythagoriciens avaient sur les propriétés mystérieuses des nombres des idées fort savantes ou réputées telles par la foule, et que cette philosophie à baguette et à grand bonnet a été fort en honneur et en crédit pendant plusieurs siècles. De ces idées, que nous ont transmises les Grecs avec le « célèbre jeu de l’oie, » on trouve un résumé dans l’ouvrage d’un nommé Macrobe, chambellan, ou quelque chose comme cela, à la cour de l’empereur Théodose II, dans le cinquième siècle. Le livre a pour titre : Commentaire sur le Songe de Scipion ; et il n’est pas tellement amusant que je vous conseille de le lire. Oh ! non ; contentez-vous de savoir que l’auteur y entre dans d’assez grands développements sur les propriétés des nombres des trois premières décades.

Il y est dit une foule d’ennuyeuses mais très belles choses en faveur de l’unité ; beaucoup de bien du nombre 2 ; encore plus de bien du nombre 3. Viennent des choses également très flatteuses pour les nombres 4 et 5. Le nombre 6 reçoit aussi des compliments, comme résultant de la combinaison de deux nombres aussi honorables que 2 et 3. Le savant auteur se montre plein d’enthousiasme pour le nombre 7, auquel il ne reconnaît pas moins de onze qualités qui doivent lui assurer la prééminence sur tous les autres. Puis nous trouvons des choses intéressantes sur les nombres 8, 9 et 10, résultant de la combinaison des précédents ; et, en passant, je vous ferai remarquer, à l’honneur du nombre 9, résultant de la quadrature du nombre 3, déjà si parfait, que, se combinant comme facteur avec l’incomparable nombre 7, il donne le fameux nombre final du jeu de l’oie, ce triomphal 63.

Vient le tour du nombre 11 ; en son honneur défilent les 11 cercles zodiacaux. Les raisons ne manquent pas en faveur du nombre 12. Puis vient le nombre... 14 ! qui résulte de la combinaison de 2 et de 7 ; puis 15, puis 16, dont on devine aisément les titres. On trouve encore quelque chose d’aimable pour le nombre 17 !... Oui, 17 ! attendu « qu’il est la somme des nombres 10 et 7 », qui sont individuellement très intéressants. Raison abusive et malhonnête, s’il en fut : car il n’y a pas de nombre qu’on ne puisse ainsi taire résulter par voie d’addition de deux autres quelconques pourvus de bons certificats de moralité. Mais cet abus même a ici son importance. Car, vous l’avez à coup sûr remarqué, ami lecteur : nous avons, avec Macrobe, passé le nombre 13... et c’est le seul dans la série jusqu’à 18.

Or, il était facile de le composer des nombres 6 et 7, individuellement comblés d’éloges, de même qu’on a composé 17 des nombres 10 et 7. Eh bien, vous voyez que dans ce défilé on affecte de tenir ce 13 à l’écart ; pas un mot en sa faveur, alors qu’on se montre si partial pour ce stupide nombre 17. Je ne pousse pas l’énumération plus loin, et je conclus que, du temps de Macrobe, qui lui-même se réfère à des époques très antérieures, le nombre 13 était un nombre « duquel il n’y avait rien de bon à dire » ; donc un nombre de mauvaise qualité, auquel durent s’attacher, par conséquent, des idées de sinistre augure, quand on le rencontrait quelque part dans la vie de ce monde.

Ainsi dut naître naturellement l’opinion que la réunion de 13 personnes devait porter malheur au moins à l’une d’elles, et ce mauvais destin se formula naturellement aussi en une mort prochaine. Mais des traditions de cette nature trouvaient, au Moyen Age, des esprits fort disposés à les recevoir. Quand les plus hauts philosophes croyaient fermement aux influences astrologiques, on devait admettre, sans broncher, les nombres heureux et malheureux. Or, comme on le voit par ce qui précède, le nombre 13 était le mieux posé de tous pour être désigné comme le nombre fatal.

Voilà donc un premier motif qui dut faire marquer celui-là à l’encre rouge, comme le nombre néfaste par excellence, et qui suffirait pour rendre raison de l’aphorisme qui nous occupe. Mais il en est un autre encore, plus connu de tout le monde, dont l’influence s’ajouta, et devint même prépondérante, surtout sur les esprits du commun. Ce n’est pas Léonard de Vinci qui a inventé la Cène. Cette page de l’histoire évangélique est une de celles que la peinture, à toutes les époques du christianisme, a reproduites avec le plus de complaisance ; en tout temps, le peuple avait sous les yeux cette représentation de la première pâque des chrétiens. Là se trouvent 13 convives, parmi lesquels il en est un dont le front est marqué d’un sceau fatal ; et, après la figure du Sauveur, qui domine cette auguste scène, celle qui attire le plus l’attention du spectateur, et qui appelle ses yeux tout d’abord, est, à coup sûr, celle du traître Judas.

Ni saint Pierre ni saint Jean même n’appellent les regards à tel point. Remarquez, en outre, que si l’on veut faire l’appel dans cette réunion de convives, en suivant dans la liste des apôtres l’ordre de la classification évangélique, c’est l’Iscariote dont le nom arrive en treizième. Celui-là, certes, mourut, et de male mort, dans l’année ! N’est-il pas manifeste que le rapprochement a dû se faire dans les esprits entre l’ancienne et mauvaise renommée du nombre 13 et cette coïncidence qui mettait en relief, et dans un jour éclatant, l’un de ses méfaits ? De là prit racine profonde dans toutes les imaginations l’influence décidément néfaste du nombre 13, mais spécialement sous forme de réunion, et plus particulièrement encore de « attablée. » C’est bien là le quatrain cité par notre ami Jérôme.

Or maintenant qu’eu pensez-vous, bourgeois du dix-neuvième siècle ? qu’en pensez-vous, mesdames, qui n’aimez pas vous trouver en compagnie de 12 autres autour d’une dinde truffée, et qui, dans l’occasion, recourez à toutes sortes de petites rubriques pour démolir ce vilain chiffre ? Vous n’en avez pas peur, j’en suis convaincu ; seulement vous ne l’aimez pas, et les affections sont libres. Après tout, le grand Pythagore lui-même le voyait de mauvais oeil.

Mais voici de bonnes gens qui sont moins fiers que vous. Eux, ils croient à l’influence et au proverbe, et ils ont de fortes raisons pour cela. « Monsieur, vous diront-ils, l’expérience le prouve : j’ai vu, moi qui vous parle, cette année même, un mariage où le dîner réunissait 13 personnes, toutes bien portantes ; eh bien, trois mois après la demoiselle d’honneur était enterrée ; or j’avais bien dit, moi, qu’un malheur arriverait. » Très bien, mon bonhomme ; mais la même chose arrive à une foule de gens, qui meurent à une époque quelconque, sans s’être trouvés dans l’année qu’à des réunions de trois, huit..., dix..., seize personnes, sans y avoir jamais rencontré ce coquin de nombre 13 : on pourrait à chacun de ces autres-là, en raisonnant comme vous, faire la même mauvaise réputation qui s’est attachée à 13.

Il en est de ceci comme des prédictions d’almanach, ou des coïncidences de tel ou tel temps avec les phases lunaires : une fois l’idée en tête, on tient note et l’on fait bruit d’une coïncidence, tandis qu’on ne tient aucun compte de cent faits négatifs. J’avoue, d’ailleurs, à l’endroit du nombre 13, que s’il ne tue pas les gens à bref délai, il ne les empêche pas de mourir quand il y a raison suffisante pour cela. Si la concession vous paraît mince, vous pouvez vous adresser à l’ami Jérôme. Cet excellent homme, d’un caractère si conciliant, ne repousse pas l’adage ; il y propose seulement un petit amendement, rien qu’un amendement, qui serait adopté, à coup sûr, par le conseil d’État, qui le sera par vous, et par moi, et par tout le monde. Cet amendement s’applique au quatrain que nous avons cité en commençant, et il le transforme de la manière la plus satisfaisante ; bref, voici la formule de Jérôme Dumoulin :

Etes-vous treize à table, ainsi que les apôtres,
Un des treize devra mourir... avant les autres ;
Item, veuillez tenir pour certain, d’autre part,
Que la chose aura lieu dans l’année... ou plus tard.


Adopté, je pense, à l’unanimité ! Mais, tandis que nous sommes sur le chapitre des pronostics, disons encore quelques mots sur la salière renversée, les couteaux en croix et autres éventualités inquiétantes qui nous surprennent parfois au milieu d’un repas, et gâtent le goût du fromage. Est-il vrai que le sel renversé présage un malheur ? S’il s’agit de malheurs proprement dits, il est vrai qu’après le sel renversé, nous voyons quelquefois arriver des malheurs, dans un laps de temps, à la vérité, fort arbitraire ; mais souvent aussi, et le plus souvent, nous sommes frappés de malheurs imprévus que le renversement d’aucune salière n’a précédés.

Dans le premier cas, on ne manque guère de faire le rapprochement, précisément à cause du dicton populaire ; mais, en fait, cette coïncidence est comparativement très rare, et l’on pourrait substituer au sel renversé un événement quelconque de la vie commune. Si maintenant nous donnons le nom de malheurs à toutes les contrariétés grosses ou petites dont est semé le chemin de la vie, un malheur, à ce point de vue, est chose si commune, qu’après une salière renversée et deux ou trois jours d’intervalle, nous sommes à peu près sûrs d’en rencontrer quelqu’un sur notre route. De cette manière-là le proverbe a presque toujours raison ; mais il l’aurait aussi avec des faits d’un ordre encore plus commun que le renversement de la salière.

Eh bien, je pense que c’est à ce point de vue très philosophique que se sont placés les auteurs primitifs du dicton, et je ne doute pas que telle ne soit sa véritable origine. Or voici encore, sur ce sujet, l’avis de Jérôme Dumoulin ; nous en trouvons la formule admirable de netteté et de méthode :

Si vous renversez la salière,
Parfois un malheur surviendra ;
Mais d’autres fois il adviendra
Précisément tout le contraire ;
Enfin il est des cas où rien
N’arrivera, ni mal ni bien.


Nous déclarons n’avoir rien à ajouter à ce judicieux oracle.

Bonne lecture à tous

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