Il rêva qu'il était un chien....

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Il rêva qu'il était un chien....

Message  Francesca le Ven 12 Fév 2016 - 18:01

Dans la peau d'un chien...   Very Happy

Célèbre neurologue, Oliver Sacks s'est particulièrement intéressé aux perceptions sensorielles. Dans cet extrait de son livre "L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau", il nous invite à imaginer le monde avec des sensations décuplées.


Stephen D., âge de vingt-deux ans, était étudiant en médecine et se droguait (cocaïne, PCP et surtout amphétamines).

Une nuit il fit un rêve très précis : il rêva qu’il était un chien, évoluant dans un univers olfactif incroyablement riche et évocateur (« l’odeur éternelle de l’eau qui ruisselle, la saveur liquide des pierres solides »). A son réveil, il se trouva justement plongé dans un tel univers. « Comme si jusque-là j’avais été totalement aveugle aux couleurs et que je me retrouve brusquement dans un monde foisonnant de couleurs. » Sa vision des couleurs était plus riche (« Je distinguais des douzaines de bruns là où auparavant je n’en voyais qu’un seul.


Mes livres reliés en cuir, qui paraissaient tous identiques, avaient maintenant des nuances tout à fait distinctes ») ; sa perception et sa mémoire visuelle et eidétique se trouvaient spectaculairement amplifiées. («Avant, j’étais incapable de dessiner, je ne pouvais pas « voir » les choses mentalement, tandis que j’ai maintenant l’impression d’avoir une « camera lucida » dans l’esprit. Je « vois » tout comme si c’était projeté sur le papier, et il me suffit de dessiner les grandes lignes de ce que je « vois ». Je suis brusquement capable de tracer les dessins anatomiques les plus précis »).

Mais c’est l’exaltation de l’odorat qui transforma véritablement sa vie : « J’ai rêvé que j’étais un chien – c’était un rêve olfactif – et je me suis réveillé dans un monde infiniment odorant – un monde où toutes les autres sensations, si accentuées qu’elles puissent être, restaient pâles comparées à l’odeur.» Cette sensation s’accompagnait chez lui d’une sorte d’émotion tremblante, ardente, d’une étrange nostalgie d’un monde perdu, à demi oublié, à demi remémoré.


« Je suis entré dans un parfumerie, poursuivait-il. Je n’avais jamais eu tellement de nez pour les odeurs, et maintenant je les distinguais toutes les unes des autres – et je trouvais chacune unique, évoquant à elle seule tout un monde. » Il s’aperçut aussi qu’il pouvait reconnaître tous ses amis – et les autres patients – à leur odeur : « J’entrais dans la clinique, je reniflais comme un chien et reconnaissais, avant de les voir, les vingt patients qui se trouvaient là. Chacun d’entre eux avait sa propre physionomie olfactive, beaucoup plus forte et évocatrice que n’importe quelle physionomie visuelle. » Il pouvait, comme un chien, sentir leurs émotions – la peur, la satisfaction, la sexualité. Il reconnaissait chaque rue, chaque boutique, à son odeur, et, rien qu’à l’odeur, il pouvait reconnaître infailliblement son chemin dans les rues de New York.


Il était habité par l’impulsion de toucher et renifler tout (« Rien n’était vraiment réel avant que je l’aie senti »), mais il se retenait en présence des autres de peur de paraître déplacé. Les odeurs sexuelles étaient plus intenses – excitantes, mais pas plus que les odeurs de nourriture ou autres. L’odeur d’un plaisir était intense – celle d’un déplaisir aussi -, mais elles représentaient davantage pour lui qu’un monde de simple plaisir ou déplaisir : c’était toute une esthétique, tout un jugement, toute une signification nouvelle qui l’environnaient. « Un monde concret, d’une spécificité irrésistible, disait-il, un monde d’une immédiateté, d’une signification immédiate écrasante. » Plutôt intellectuel et enclin à la réflexion et à l’abstraction, il trouvait désormais la pensée, l’abstraction et la catégorisation difficiles et irréelles par rapport à l’irrésistible immédiateté de chaque expérience.


Cette étrange transformation prit soudain fin au bout de trois semaines – son odorat, ainsi que ses autres sens, redevinrent normaux ; il revint à lui avec une impression de perte et de repos à la fois ; il retrouva son ancien monde, avec ses impressions sensorielles éteintes, retomba dans la morne abstraction. « Je suis content d’en sortir, dit-il, mais en même temps, c’est une perte terrible. Je sais maintenant à quoi nous renonçons en étant civilisés et humains. Cet autre côté, « primitif », nous en avons besoin, aussi. »


Rien n’était vraiment réel avant que je l’aie senti...


Seize années ont passé – la vie d’étudiant, l’époque des amphétamines sont révolues depuis longtemps. Il n’y a pas eu la moindre récidive de ces symptômes. Le docteur D. est un jeune interne de renom, l’un de mes amis et collègues de New York. Il n’a aucun regret – mais parfois une certaine nostalgie. : « Ce monde olfactif, ce monde d’odeurs, s’exclame-t-il. Si intense, si réel ! On aurait dit que je visitais un autre monde, un univers de perception pure, riche, vivante, autonome, pleine. Si seulement je pouvais parfois revenir en arrière et redevenir un chien ! »


Freud a écrit à maintes occasions à propos du sens olfactif humain, soulignant qu’il est une « victime » du développement et de la civilisation, qu’il a été refoulé par l’accès à la posture verticale et par la répression de la sexualité primitive, prégénitale. L’intensification spécifique (et pathologique) de l’odorat a bien été signalée comme pouvant survenir dans la paraphilie, le fétichisme et d’autres perversions ou régressions. Mais la désinhibition décrite ici semble beaucoup plus générale, et, bien qu’associée à une excitation – probablement provoquée par les amphétamines -, elle n’a jamais été spécifiquement sexuelle ni associée à une régression sexuelle. Une hyperosmie analogue, quelquefois paroxystique peut se produire dans les états d’excitation hyper dopaminergique, comme chez certains postencéphalitiques auxquels on a administré de la L-DOPA ou chez des patients souffrant du syndrome de Tourette.


Ce que nous constatons, dans tous les cas, c’est l’universalité de l’inhibition, même au niveau perceptuel le plus élémentaire : la nécessité d’inhiber ce que Head a considéré comme primordial et regorgeant de qualité hédonique, et qu’il a qualifié de « protopathique », si l’on veut permettre l’émergence de l’ « épicritique » complexe, catégorisante, et sans affect.


La nécessité d’une pareille inhibition fait qu’on ne peut la réduire à l’inhibition freudienne, ni, en l’exaltant et la poétisant, à l’inhibition blakienne. Peut-être en avons-nous besoin, comme Head le laisse entendre, pour être des hommes et non des chiens. Et pourtant l’expérience de Stephen D. nous rappelle, comme le poème de G.K. Chesterton, « La chanson de Quoodle », que nous avons parfois besoin d’être des chiens et non des hommes :


Ils n’ont pas de nez
Les fils de la femme (…)
L’odeur éternelle
De l’eau qui ruisselle
La saveur liquide
Des pierres solides
Rosée et ozone
Sont pour eux des zones


Lire la piste d'explication dans le PS qui suit  Wink


POST SCRIPTUM:

POST-SRIPTUM


J’ai récemment rencontré un cas en quelque sorte symétrique de celui-ci – un homme très doué, souffrant d’une blessure à la tête qui avait gravement touché les pédoncules olfactifs (très vulnérables durant leur longue traversée de la fosse antérieure) de sorte qu’il avait entièrement perdu son sens de l’odorat.

Les effets de cette perte l’effrayaient et le désolaient : « Le sens de l’odorat, disait-il, je n’y avais jamais pensé. Normalement, on n’y pense pas. Mais, quand je l’ai perdu, j’ai eu l’impression d’être frappé de cécité. La vie a perdu une bonne partie de sa saveur. On ne sait pas à quel point la saveur est odeur. Vous sentez les gens, vous sentez les livres, vous sentez la ville, vous sentez le printemps – pas consciemment peut-être, mais comme un riche arrière-plan de tout le reste. Tout mon univers se trouvait brusquement et radicalement appauvri… »

On ne sait pas à quel point la saveur est odeur.

Il y avait chez lui le vif sentiment d’avoir perdu quelque chose et un désir ardent, une véritable osmalgie : le désir de se souvenir de l’odeur du monde, à laquelle il n’avait jusque-là porté aucune attention consciente, mais qui était, il le savait maintenant, le fondement même de sa vie. Et puis, quelques mois plus tard, à sa joie et à son étonnement, son cher café matinal, qui était devenue « insipide » commença à reprendre saveur. A tout hasard, il essaya sa pipe à laquelle il n’avait pas touché depuis des mois et là encore il sentit le fumet de ce riche arôme qu’il aimait.

Fort excité, car les neurologues ne lui avaient laissé entrevoir aucune guérison, il retourna voir son médecin. Celui-ci, après l’avoir minutieusement examiné en utilisant la méthode dite « en double aveugle », lui dit : « Non, je suis désolé, il n’y a pas trace de guérison. Vous avez toujours une anosmie totale. Curieux que vous « sentiez » tout de même votre pipe et votre café… »

Ce qui se passait, semblait-il (et il est important de noter que seul son appareil olfactif, et non son cortex, était lésé), c’était un développement considérable de son imaginaire olfactif – presque au point d’atteindre l’hallucination contrôlée -, de sorte que, en buvant son café ou en allumant sa pipe – situations normalement et précédemment chargées d’associations d’odeurs – il pouvait maintenant évoquer ou réévoquer inconsciemment ces odeurs avec une telle intensité qu’elles lui paraissaient au premier abord « réelles ».

Cette faculté – mi- consciente, mi- inconsciente – s’est intensifiée et élargie. Maintenant par exemple, il peut priser ; il « sent » l’odeur du printemps ; il fait appel pour cela à une mémoire olfactive, ou à un tableau olfactif, si intense qu’il peut presque s’illusionner lui-même ou illusionner les autres en étant persuadé de vraiment le sentir.

Nous savons que les sourds et les aveugles connaissent des compensations de ce genre. Pensons par exemple à Beethoven le sourd, ou à Prescott l’aveugle. Mais j’ignore s’il s’agit d’un phénomène courant dans l’anosmie.


Source de l'article : INREES

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Re: Il rêva qu'il était un chien....

Message  Francesca le Ven 16 Déc 2016 - 8:53

Rêve de chien ….
Voici le compagnon fidèle de l’homme, celui qui veille sur ses jours comme ses nuits. Les rêves de chien sont extrêmement nombreux. La symbolique de cet animal est complexe. Le chien est d’abord le gardien du corps. Il veille sur notre maison – le corps – celle que notre âme habite. Il représente une partie importante de l’homme, ses instincts qu’il se doit d’écouter. Le chien obéit aux ordres du mental, le maître, mais il peut se rebiffer si ceux-ci vont à l’encontre du corps, s’il le met en danger, ce corps dont il est le gardien.


Si vous rêvez d’un chien enfermé, en train de dépérir, de gémir faiblement, c’est une mise en garde sérieuse : vous n’êtes plus à l’écoute de vos instincts que vous refoulez au détriment des besoins élémentaires de votre corps. La vitalité vous fuit et vous n’avez plus aucune défense contre les attaques extérieures. Si vous êtes face à un chien qui vous fait peur, cela signifie que vous vous méfiez terriblement et à tort, de vos instincts élémentaires. Il faut les accepter et les intégrer pour éviter que cette énergie ne se retourne contre vous.


C’est ce que décrivent les rêves où une personne est poursuivie par un ou plusieurs chiens féroces. Ce sont ses forces psychiques devenues négatives dans leur isolement qui se retournent contre elle. Celui qui ne reconnaît plus les réels besoins de son corps est comme un étranger à l’intérieur de celui-ci. Il se met en danger lui-même.
Caresser un chien en rêve, le serrer contre soi, même si dans la réalité nous ne sommes guère attirés par cette gent animale, c’est renouer avec son intuition, sa nature instinctive liée au besoin du corps, et aussi sa nature psychique, plus animale.


Le chien, dans de nombreuses traditions, est aussi le guide de l’âme après la mort. Il possède la mémoire instinctive des gestes et rites que nous devons suivre. Après avoir été le gardien de notre corps sur cette terre, il veille encore sur notre âme dans son voyage vers l’eau delà. C’est pour cela qu’il est représenté comme le gardien des enfers. Il empêche d’entrer ceux qui ne le méritent pas et il empêche de sortir ceux qui le méritent. Il est aussi juge car le chien est à l’image de son maître.


Dans les rêves à connotation sexuelle où apparaissent des chiens, le sens est différent. Ici, les instincts et les pulsions sexuelles trop fortes ne sont pas reconnus ni éclairées par le biais de la raison. Cet instinct reste obscur et indistinct, presque sans conscience. Il pousse le rêveur à des comportements qui vont à l’encontre de sa nature et du respect de soi. Si le chat représente la nature féminine parfaitement sexuée, ainsi que l’amour physique exprimé et l’union des contraires dans la discrétion, le chien n’est pas encore à ce stade. Les pulsions sexuelles sont si fortes qu’elles poussent l’individu à tous les débordements, sans tendresse ni distinction de sexe d’une façon tellement visible qu’elles n’échappent à personne, sauf peut-être, au rêveur lui-même. Le langage courant utilise le mot chien ou chienne pour désigner une personne au comportement amoureux peu délicat et exhibitionniste.

Il manque ici le discernement nécessaire à la condition humaine, celui qui fait que la sexualité est l’aboutissement d’une histoire que construisent deux êtres humains. La sexualité doit être nommée, acceptée et reconnue par la conscience pour être vécue de façon épanouie.

Positif : Instincts reconnus, écoute de ses besoins réels.
Négatif : Mise en danger de son corps, tendances libidineuses

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