Le désir

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Le désir

Message  oursagora le Dim 30 Oct 2016 - 1:55

le désir .


source jean louis chevreau .


la notion de désir traverse toute la philosophie , de platon a deleuze en passant par spinoza . c' est une notion considérée par la philosophie classique , comme faisant probléme , étant dans sa nature meme contradictoire . le désir est a la fois recherche de satisfaction , mais il est aussi insatisfaction et souffrance . autant le besoin a une nature impétueuse mais limitée , autant le désir semble insaisissable et illimité . ainsi serions nous condamnés aux tumultes de nos désirs , et donc incapables d' atteindre le bonheur . c' est la raison pour laquelle les deux grandes écoles de la sagesse antique ont élaboré une morale ou une maniére de vivre , capable de régler nos désirs . platon saisit bien cette nature ambigue du désir , entre dénuement et plénitude , et fait du désir l' élan de toute recherche dont est issue la philosophie elle meme , comme amour de la sagesse .
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Message  oursagora le Dim 30 Oct 2016 - 13:18

le désir .


source jean louis chevreau .



cependant , le désir ne peut il étre pensé , qu' en termes de négativité et de manque ?
spinoza va tout au contraire considérer le désir comme producteur de valeur , ce que deleuze reprendra , en soulignant le caractére ingénieux et industrieux du désir . la
psychanalyse ouvrira aussi de nouvelles perspectives et freud en articulant désir et interdit , figure le désir comme producteur de fantasmes . le désir désire moins l' objet de son désir que le fantasme inconscient de celui ci . en fait le désir n' est il pas au fond , que désir de désir ? nous verrons comme pour lacan ce désir est désir de l' autre , ou un désir mimétique selon rené girard .
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Message  oursagora le Dim 30 Oct 2016 - 17:02

le désir .



source jean louis chevreau .



baudrillard trouvera dans le mouvement du désir , la machine a consommer , puisque dans le désir de consommation ce que nous désirons , c' est la consommation elle meme . enfin , ne peut on pas voir dans le capitalisme , sous sa forme mondialisée , la grande libération de la puissance du désir humaine universel ? toutefois , ne peut on pas espérer une autre puissance de désir , que celle proposée par la vie économique sans frein de notre mondialisation , afin que le désir ne se transforme pas en désir de mort , et donc de mort du désir ?
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Message  oursagora le Dim 30 Oct 2016 - 19:03

introduction .



source jean louis chevreau .



le désir est une notion qui traverse toute notre existence et traverse toute la philosophie qui pense cette existence . mais ce désir traverse mystérieusement notre existence , puisqu' il nous constitue sans bien savoir ce qu' il est et ou il nous emméne . d' ou une grande variété de noms pour désigner ce désir : " éros " chez les grecs ,
" concupiscence " chez les chrétiens , " appétit " chez un descartes ou un spinoza par exemple , " tendance ou pulsion , comme la libido " chez freud . s' agit il toujours de la meme chose sous cette variété de noms , ou bien le désir est il dans sa nature meme , varié et changeant , multiple et mouvant , comme il semble ainsi étre décrit par des philosophes , des littérateurs , des poétes , des psychanalystes et meme des biologistes ?
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Message  oursagora le Lun 31 Oct 2016 - 1:59

introduction .



source jean louis chevreau .



de fait , le désir nous trouble , nous inquiéte , parfois nous angoisse , car il peut exalter en nous de trés hautes valeurs , plus hautes que nous memes , au - dela des satisfactions les plus immédiates , et parfois il peut aussi nous faire tomber plus bas , dans l' abjection ou la bestialité la plus contraire a notre morale . d' ou vient une telle ambiguité , de telles contradictions ? il est vrai que d' un certain point de vue , le désir est la marque de notre insertion dans la nature dont témoigne notre corps avec ses pulsions , ses tendances , ses besoins ou ses instincts . d' un autre point de vue , le désir exalte en nous les valeurs les plus hautes lorsqu' il se combine avec les facultés supérieures de l' esprit . en cela le désir est une force qui peut nous emporter au - dela de toute limite . c' est la raison pour laquelle il ne peut jamais se satisfaire des objets qu' il convoite . d' ou cet étrange sentiment de déception qui semble accompagner ses tentatives d' accomplissement . tous les objets lui paraissent insatisfaisants , décevants , et le grand mystére semble étre celui la : quel est l' objet du désir ? d' ailleurs l' étymologie du mot désir ( désiderium , mot latin dérivé de sidus , étoile ) en fait le désir serait " le regret d' un astre perdu ." en cela nous comprenons qu' il ne peut pas étre seulement le manque biologique d' une satisfaction sensible , mais une nostalgie plus profonde , celle d' un état perdu , une perfection ayant été vécue . c' est ainsi que nous verrons chez un platon , comment , sous sa figure la plus vive de l' attrait sexuel , enraciné dans la chair , l' éros prend un essor qui nous conduit plus loin que nous memes .
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Message  oursagora le Lun 31 Oct 2016 - 12:47

introduction .


source jean louis chevreau .



nous allons dans une premiére partie approfondir cette définition du désir dont nous verrons en quoi elle est spécifique a l' homme seul . nous rencontrerons aussi le travail d' un neurobiologiste , jean - didier vincent , mesurant les degrés de nos passions et de nos émotions , nous proposant une chimie des passions , sans cependant réduire l' amour a n' étre qu' un strict processus physico - chimique , ou le simple effet de la sexualité . nous montrerons également que la jouissance réside moins , pour l' homme , dans la possession effective , que dans l' espérance de conquérir un bien imaginaire . ainsi , la vraie source du désir , est selon rousseau , cette faculté typiquement humaine : l' imagination .
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Message  oursagora le Mar 1 Nov 2016 - 17:19

introduction .



source jean louis chevreau .



enfin nous nous interrogerons sur la possibilité d' une sagesse des désirs , et nous verrons comment de maniére parfois hédoniste , il est possible de penser la philosophie comme un art de vivre dans le plaisir , et nous partirons dans le jardin d' épicure , sur les chemins des délices , de lucréce ou de sappho , la grande prétresse d' aphrodite . nous en montrerons la pertinence et l' actualité si bien revivifiée par un philosophe comme michel onfray , auteur d' un journal hédoniste .
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Message  oursagora le Mar 1 Nov 2016 - 17:43

introduction .


source jean louis chevreau .



la deuxiéme partie sera entiérement consacrée a une analyse du " banquet " de platon . nous mesurerons l' importance de cette philosophie du désir , de l' éros platonicien , et son influence dans la philosophie , la théologie chrétienne , la littérature et la psychanalyse . dans le " banquet " , les mythes rapportés par aristophane ou par diotimée , via socrate , rendent mieux compte , que la pensée purement rationnelle , du caractére énigmatique de l' amour .

notre troisiéme partie traitera de la passion ( la passion étant un désir qui subordonne tous les autres désirs ) , et de son grand siécle , le dix septiéme siécle , et au - travers des oeuvres de racine ou de corneille , éclairé par le " traité des passions " de descartes , nous comprendrons mieux cette morale des passions , qui a l' inverse du moralisme du dix neuviéme siécle , rend grace a la générosité de nos passions . ce dix septiéme siécle nous a légué une riche littérature des passions , et je prendrai un exemple chez corneille .
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Message  oursagora le Mer 2 Nov 2016 - 19:32

introduction .


source jean louis chevreau .



la quatriéme partie exposera la théorie spinoziste du désir et dans " l' éthique " nous verrons comment spinoza nous délivre du poids de la culpabilité et fait du désir la positivité meme de l' existence , lorsque nous avons conscience des conditions sans lesquelles cette existence ne serait pas possible . nous verrons ainsi que le désir est premier , et comme le dit spinoza , que les choses ne sont pas bonnes en elles memes , comme si le monde était modelé en fonction de notre nature , mais jugées telles , parce que notre nature nous conduit a les juger désirables . cependant , ne sommes nous pas condamnés a subir nos désirs ou nos passions ? nous soulignerons cette sagesse qui émerge de l' éthique : " ne pas railler , ne pas déplorer , ne pas maudire , mais comprendre ." la connaissance de ce qui nous détermine est , notre seule issue et notre seule joie .
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Message  oursagora le Mer 2 Nov 2016 - 19:42

introduction .


source jean louis chevreau .




pour terminer cette quatriéme partie nous tenterons de mettre en valeur quelques positions philosophiques , que l' on pourrait rapprocher , ou partiellement rapprocher , de celle de spinoza . avec freud d' abord , en retenant quelques perspectives de sa psychanalyse ( quelques perspectives seulement , puisque nous réservons tout un chapitre sur freud ) . puis avec nietzsche , en particulier sa critique de la morale et du nihilisme . quelques aspects de la philosophie de schopenhauer , pourront également résonner en écho , avec celles de spinoza . cependant , a l' inverse de spinoza , nous verrons en quoi , pour ce trés pessimiste philosophe , le désir est tragique , parce qu' il est souffrance et illusion . enfin , je reléverai quelques traits de la conception deleuzienne du désir ; deleuze qui fut sans aucun doute influencé par spinoza et nietzsche .
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Message  oursagora le Mer 2 Nov 2016 - 20:21

introduction .



source jean louis chevreau .




la cinquiéme partie sera consacrée a l' analyse freudienne du désir , que freud défini comme tendance ou pulsion . nous verrons en quoi l' objet du désir n' est pas constitué en tant que tel par la conscience et qu' il est essentiellement perdu et conservé dans le fantasme selon un processus inconscient . mais si l' objet du désir renvoie au fantasme , alors le désir renvoie au passé . c' est ainsi que le désir reste lié a une illusion et celle ci au passé . mais , la encore , ne sommes nous pas condamner a l' illusion ? freud , comme spinoza , réfute cette condamnation , malgré son pessimisme , en faisant confiance en notre intelligence . cette approche de l' analyse freudienne du désir nous ouvrira vers les traits profonds du désir : l' obscurité , l' intrigue et l' ambivalence . avec lacan , nous poursuivrons cette analyse du désir , comme désir de l' autre , désir mimétique selon rené girard . pour finir , nous porterons notre regard , plus politique et moral du désir , en se situant dans le courant de notre vie quotidienne , dans notre rapport avec la marchandise , avec la consommation . nous verrons en quoi ce désir de consommation est sans objet , comme le pense baudrillard . certes le désir semble étre un moteur qui nous adapte pleinement au monde , en édifiant des projets humains constructifs , c' est une puissance de vie . mais ne peut il pas tout aussi bien nous conduire vers des désirs de mort ? regardons par exemple en quoi cette exploitation marchande du sexe tue l' amour , et au lieu d' y voir une libération , nous y voyons la plus triste des aliénations . ne voyons nous pas les plaisirs n' étre plus que choses performées et agencées dans des loisirs dont la raison est essentiellement économique ? nous savons bien que le
" carpe diem " des anciens n' avait rien a voir avec la jouissance sans contrainte et sans frein des sociétés riches . on oublie que dans le poéme d' horace , d' ou est extraite cette formule devenue célébre , mais coupée de son contexte et mal traduite
( poéte influencé par l' épicurisme et le stoicisme ) , il s' agit de mesurer les limites de l' existence et de considérer sa fragilité , et qu' il ne faut pas gacher par l' excés et les vains désirs .

j' en terminerai avec la belle utopie de charles fourier , qui imagine une société , ou toutes les passions composeraient entre elles , une harmonie sociale , plus riche et plus libre que notre civilisation répressive .
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Message  oursagora le Mer 2 Nov 2016 - 20:29

introduction .



source jean louis chevreau .



la sixiéme partie sera entiérement réservée au commentaire d' un film de luis bunuel ,
" cet obscur objet du désir " ; film réalisé a la fin de sa vie , a l' age de 77 ans .

ce remarquable film sera pour nous l' occasion de saisir l' objet intriguant du désir et ses symboles . nous verrons comment ce film , pour parler comme deleuze , a pour ambition de porter a la conscience les mécanismes inconscients de la pensée .

je choisirai une suite de suite de séquences qui révéleront tout le jeu symbolique et métaphorique du film , sans pour autant casser la structure narrative du récit .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 1:06

nature et sens de cette notion de désir .


source jean louis chevreau .


de quoi parlons nous lorsque nous disons " je désire ?"
commencons par une définition classique de l' homme .

l' homme est un animal doué de raison . pourtant il est facile de montrer , dans la plupart des cas , que l' homme est déraisonnable . dire que l' homme est un animal doué de raison n' est pas une constatation : c' est une sorte de voeu : c' est une définition d' essence . l' homme est un animal dont l' essence est d' étre raisonnable . les animaux ne sont pas doués de raison . étre bestial , c' est perdre toute qualité humaine .

l' animalité exclut la notion d' une raison . l' homme se trouve pris dans une situation ambigue , puisque d' une part , il est biologiquement un animal ( il respire ) , et d' autre part , il refuse son animalité , il refuse son destin biologique . ce refus de l' animalité , c' est le fait de la raison . l' homme est un animal qui refuse sa nature profonde : ou plutot l' homme est un animal dont la nature est de n' étre pas naturel . si l' on définit l' homme biologiquement et uniquement biologiquement , on sent bien qu' une telle définition n' est pas compléte . il manque précisément cette notion d' étre humain . l' homme total est justement cet animal qui refuse son animalité , c' est l' essence meme de l' homme . cette négation de la nature , c' est précisément la marque de l' esprit , de la raison , de la conscience . l' homme a en commun avec tout animal d' étre soumis au désir . mais chez l' homme , le désir rentre en rapport avec la conscience .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 1:19

nature et sens de cette notion de désir .


source jean louis chevreau .


cette négation de la nature , propre a l' homme et a sa culture , a été bien développée par bataille dans " l' érotisme " , ou il précise que cette négation de son animalité est a l' origine de ces interdits et tabous fondamentaux pour le développement de la civilisation . je cite bataille : " je pose en principe un fait peu contestable : que l' homme est l' animal qui n' accepte pas simplement le donné naturel , qui le nie . il change ainsi le monde extérieur naturel , il en tire des outils et des objets fabriqués qui composent un nouveau monde , le monde humain . l' homme parallélement se nie lui meme ; il s' éduque , il refuse par exemple de donner a la satisfaction de ses besoins animaux libre cours , auquel l' animal n' apportait pas de réserve . l' homme nie essentiellement ses besoins animaux , c' est le point sur lequel portérent la plupart de ses interdits , dont l' universalité est si frappante et qui vont en apparence si bien de soi , qu' il n' en est jamais question ."
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 7:37

de la tendance animale au désir humain .


source jean louis chevreau .



la tendance est une activité orientée vers une certaine finalité . la notion de tendance est vague , c' est une notion trés générale . la tendance est une activité trés spontanée . un mouvement spontané est un mouvement qui n' est pas provoqué du dehors : c' est un mouvement dont le sujet est la source . une tendance peut s' appliquer a des objets trés différents ( la tendance alimentaire s' applique a une infinité d' objets ) . une tendance peut étre plus ou moins souple . une tendance a toujours la structure , mais ses objets peuvent étre trés différents , trés divers .


une tendance se satisfait aussi immédiatement que possible . si on tarde a la satisfaire , elle devient plus violente . le besoin , c' est la tendance dans ce qu' elle a de pressé , dans ce qu' elle a d' urgent de négatif .


l' instinct au sens strict est un comportement réglé par la nature et propre a l' animal . l' instinct est un comportement qui est propre a tous les animaux d' une meme espéce , qui est inné , sans apprentissage et qui est inconscient . seul l' animal a des instincts si l' on s' en tient a cette définition . moins un animal a d' instinct , plus il est intelligent


dans un sens plus large , le mot " instinct " peut étre pris comme synonyme de tendance . l' homme aurait alors des instincts . enfin , dans le langage courant le mot
" instinct " est synonyme d' habituel , d' irréfléchi .


quant au réflexe , c' est une réponse automatique a un stimulant extérieur et qui est rendu possible par un montage de neurones . un réflexe est un comportement qui ne passe pas par la conscience . les réflexes peuvent étre dressés , conditionnés .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 8:29

évolution de la tendance depuis le besoin biologique jusqu' aux désirs humains .


source jean louis chevreau .



a) chez l' animal .


il faut commencer par étudier le niveau proprement biologique . il n' y a pas de vie sans besoins . toute activité vitale est échange avec le milieu extérieur . l' étre vivant ne peut pas étre séparé de son milieu . ces échanges avec le milieu correspondent a des fonctions biologiques . l' organisme se définit par une série de fonctions . a chaque fonction correspond un besoin , une tendance . un étre vivant n' est jamais en équilibre avec le milieu extérieur . une tendance comble un déficit . l' étre vivant est toujours dans un certain état de manque . la totale satisfaction serait l' absence de désir .

les besoins biologiques correspondent a des fonctions , mais ils correspondent aussi a certains types d' objets extérieurs . toute tendance , tout besoin , est déja un certain choix . ce choix correspond a un certain nombre de préférences . l' animal distingue dans son entourage des objets indifférents , des objets hostiles , des objets favorables . comment l' animal effectue t il ce choix ? par ses instincts , qui sont les modes de satisfaction des tendances de l' animal . l' instinct reste au niveau biologique . plus l' animal est évolué , plus l' instinct est faible , et plus son choix est varié . chez l' homme , il n' y a pas ces comportements prédéterminés . les instincts sont toute la nature de l' animal . tous les comportements de l' animal sont " déja la " , fixés a l' avance par ses instincts . l' animal ne crée donc pas ses comportements nouveaux . tout a été prévu par la nature . ce qui revient a dire que l' animal est prisonnier de sa nature .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 12:37

évolution de la tendance depuis le besoin biologique jusqu' aux désirs humains .



source jean louis chevreau .



b) chez l' homme .


si tous les comportements sont déja donnés a l' animal , cela veut dire que ses choix sont trés faibles , tandis que chez l' homme , le choix est beaucoup plus varié . c' est un choix qui n' est pas limité par un instinct .


il faut noter également la dualité du profit et du plaisir , comme principes fondateurs du désir . cependant , comme le fait remarquer jean - didier vincent , neurobiologiste , dans son ouvrage " la biologie des passions " , le profit et le plaisir " ne sont pas le propre de l' homme , alors que le sont leur conjonction ( avec le désir ) , et la connaissance de la mort ." il fait aussi remarquer que les " fonctions cognitives chez l' animal et l' homme , permet de différencier le désir de l' instinct ."


enfin , il fait aussi remarquer " qu' un dernier risque , serait de lier exclusivement le désir a la sexualité . rien , en tout cas dans le biologique , n' indique la prééminence de la sexualité sur les autres fonctions ." je le cite : " l' état amoureux s' accompagne chez les deux partenaires d' une transformation du corps : parfois spectaculaire , celle ci se réduit le plus souvent a des bouleversements intimes qui touchent principalement les sécrétions hormonales et le fonctionnement du systéme nerveux central . le role des glandes génitales et évidemment déterminant , comme en témoigne les effets de la castration . les hormones sexuelles agissent directement sur le cerveau grace a la présence de récepteurs dans les neurones . d' autres hormones , comme la prolactine et la lulibérine , interviennent également dans la genése de l' état amoureux . mais des testicules ou des ovaires regorgeant de sécrétions ne suffisent pas a engendrer le désir sexuel . le désir est universel et lié au bon fonctionnement , a l' intérieur du cerveau , de systéme désirants dont la sexualité n' est qu' un des accomplissements . enfin , l' appareil sexuel lui meme ne représente pas une composante indispensable de l' état amoureux : voie finale commune , nécessaire aussi bien a la jouissance qu' a l' accomplissement de la fonction reproductrice , il n' intervient pas , ou peu , dans la reconnaissance de l' autre , qui reste chez l' homme la fonction supérieure de l' amour ."
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 13:30

évolution de la tendance depuis le besoin biologique jusqu' aux désirs humains .


source jean louis chevreau .


b) chez l' homme .


tout est dit : le désir amoureux n' est pas nécessairement lié a des raisons biologiques .
l' homme ne choisit pas sa nourriture ou un partenaire pour des raisons biologiques . il s' y méle un choix culturel . la tendance humaine se satisfait a travers un certain nombre d' institutions sociales , culturelles , de telle sorte que la tendance primitive est totalement dénaturée . l' appareil culturel a travers lequel l' homme satisfait ses tendances masque le besoin biologique , sans le supprimer évidemment . merleau - ponty faisait remarquer " qu' il n' est pas plus naturel d' embrasser dans l' amour , que d' appeler table une table ." c' est donc un mixte de culturel et de naturel qui définit les activités humaines , meme celles que l' on croit les plus biologiques , comme la sexualité ou le désir de maternité . les institutions sociales sont par exemple : la famille , en ce sens qu' elle est une régulation des rapports sexuels : le fait que nous mangeons avec des instruments , le fait que nous mangeons a des heures réguliéres , le fait meme de la gastronomie..............nous n' avons pas faim , nous avons de l' appétit . l' érotisme , la gastronomie sont des créations artificielles qui masquent le besoin biologique .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 14:25

évolution de la tendance depuis le besoin biologique jusqu' aux désirs humains .



source jean louis chevreau .


b) chez l' homme .


bref , parce qu' il n' est pas englué dans un ensemble d' instincts qui fixeraient ses comportements d' une facon rigide , l' homme est capable de dominer ses pulsions
( freud distingue deux types de pulsions , la sexualité et l' agressivité ) , de les canaliser , de les couler dans le moule d' institutions sociales qui sont proprement la marque de la culture . il est a noter que toutes ses institutions peuvent avec le temps se scléroser complétement . alors les individus peuvent jouer le jeu des institutions , mais n' y mettent plus leur ame . il y a alors protestation de la nature , des pulsions , contestations des institutions , par conséquent crise de la culture . n' est ce pas justement le cas de notre culture . mais , s' il y a crise , c' est le signe d' une certaine qualité . la médiocrité ne connait jamais la crise . notre époque est a la recherche de nouvelles structures qui soient plus en harmonie avec cette sensibilité contemporaine , faconnée par les progrés technico - scientifiques . quant a ceux qui prétendent que les hommes pourraient se passer d' institutions sociales , c' est du délire . l' humanité de l' homme passe nécessairement par la médiation de formations collectives , d' institutions .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 17:14

évolution de la tendance depuis le besoin biologique jusqu' aux désirs humains .


source jean louis chevreau .


b) chez l' homme .



bref , tout ce que nous venons de dire montre que pour satisfaire ses tendances , l' homme créé un monde nouveau , un milieu nouveau . ce milieu , il ne le choisit pas dans la nature : au contraire il modifie la nature pour satisfaire ses tendances . et comprenons bien que ce milieu nouveau n' est pas créé pour la satisfaction de simples tendances fondamentales . en réalité , l' homme se crée de nouveaux besoins totalement artificiels qui ne doivent rien a la nature biologique . ce que nous appelons minimum vital est en fait un minimum culturel . le mot " vivre " a perdu son sens biologique . le but de la pub est justement de créer de nouveaux désirs , de persuader le public qu' il ne peut pas vivre sans utiliser tel ou tel produit .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 18:50

l' aspect créateur du désir humain .


source jean louis chevreau .


le travail est le mode de satisfaction du désir humain . le travail se subtitue a l' instinct . le travail n' a rien de naturel , il ne correspond pas a une tendance primitive . le travail est un fait social , c' est un fait de culture . toute la société est fondée sur le travail . le travail est une négation , une transformation de la nature . or le travail , qui est négation de la nature , supprime le sentiment d' un manque , c' est a dire un élément négatif au sein de soi meme . il y a donc dans le travail une double négativité : le travail est une négation de la nature , et c' est cette négation de la nature qui nie le besoin , qui supprime le besoin . tout travail est négativité .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 20:22

l' aspect créateur du désir humain .


source jean louis chevreau .



le désir c' est le sentiment d' une absence . lorsque je satisfait mon désir , je supprime cette absence . lorsqu' il y a désir , il y a conscience d' un certain manque . le désir est la caractéristique meme de l' homme et de son activité . le désir est une perpétuelle inquiétude . inquiétude en effet , puisque désirer , c' est aspirer a une réalité qui n' est pas la , c' est disposer en imagination d' une autre existence , dont on espére la réalisation . de la une ambiguité du désir : sa satisfaction est peut étre moins source de contentement que le fait meme d' exprimer du désir . de fait , un homme qui pourrait satisfaire tous ses désirs serait un homme malheureux .
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Message  oursagora le Jeu 3 Nov 2016 - 22:06

l' aspect créateur du désir humain .



source jean louis chevreau .



malheur a qui n' a plus rien a désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu' il posséde . on jouit moins de ce qu' on obtient que ce qu' on espére , et l' on est heureux qu' avant d' étre heureux . en effet , l' homme avide et borné , fait pour tout vouloir et peu obtenir , a recu du ciel une force consolante qui rapprche de lui tout ce qu' il désire , que le sommet de son imagination , qui le lui rend présent et sensible , qui le lui livre en quelque sorte , et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce , le modifie au gré de sa passion . mais tout ce prestige disparait devant l' objet meme : rien n' embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu' on voit ; l' imagination ne pare plus ce qu' on posséde , l' illusion cesse ou commence la jouissance . le pays des chiméres est en ce monde le plus digne d' étre habité et tel est le néant des choses humaines , qu' hors l' étre existant par lui meme , il n' y a rien de beau que ce qui n' est pas .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 1:22

l' aspect créateur du désir humain .


source jean louis chevreau .



si cet effet n' a pas toujours lieu sur les objets particuliers de nos passions , il est infaillible dans le sentiment commun qui les comprend toutes . vivre sans peine n' est pas un état d' homme : vivre ainsi c' est étre mort . celui qui pourrait tout sans étre dieu serait une misérable créature : il serait privé du plaisir de désirer : tout autre privation serait plus supportable .

la nouvelle héloise .


nous pouvons remarquer que pour rousseau , dans le désir , nous faisons l' expérience jouissive de notre essor , de notre déploiement , et c' est la le véritable objet du désir : les objets ne sont que prétextes . c' est pourquoi celui qui veut s' y arréter est décu , et découvre ce qu' il initie : le manque . par conséquent meme un objet infini nous lasserait .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 10:52

épicure ( 341 - 270 av jc ) .


source jean louis chevreau .



je passe sur cette association de l' image de l' épicurisme , celle du bon vivant , sinon celle du viveur . il est vrai , que la sagesse épicurienne souligne la nature désirante de l' homme et de sa recherche du plaisir . mais nous verrons que le sage épicurien sait mesurer les plaisirs , et refuse les désirs vains ou illusoires .


pour bien comprendre la philosophie épicurienne , cette sagesse qui aura grande influence jusqu' au moyen age , et qui restera l' une des plus populaires de la philosophie , il faut commencer par ce qui la fonde : une philosophie de la nature .


si nous voulons étre heureux , alors il nous faut connaitre le monde ( cosmos ) , puis connaitre l' homme dans sa nature profonde . étre sage veut dire connaitre la nature pour gouter la vie . la philosophie sera par conséquent une pratique qui consiste a
" acquérir la santé de l' ame " et " procurer la félicité ." celui qui méconnait sa nature et sa place dans l' univers vivra agité , troublé par de multiples maux . cette méconnaissance de la nature produit en effet des craintes qui perturbent l' esprit et rend impossible le plaisir ( craintes de la mort ou des puissances supérieures ) . la philosophie est une pratique qui préserve l' équilibre naturel de la vie .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 11:16

épicure .


source jean louis chevreau .



je cite épicure : " il est impossible de dissiper la crainte sur les phénoménes majeurs , quand on ne sait pas quelle est la nature de l' univers , et qu' on redoute quelqu' un de ces événements décrit par les mythes . de la sorte , il n' est pas possible , sans la science de la nature , d' accueillir les plaisirs en leur intégralité ."


les événements de la vie et la vie elle meme semblent dépendre d' un ordre de puissance qui nous dépasse . le monde nous fait peur , comme un enfant dans la nuit . c' est ainsi qu' une sorte de religion nait de cette peur , comme si nous étions le jouet des dieux cruels ou d' un destin tragique .


seule l' exigence de vérité peut conduire a la sérénité ( l' ataraxie : absence de troubles ) . mais voila , quel est le chemin a suivre pour éclairer mon existence et parvenir a cette sérénité ? comment puis je connaitre la nature ? quel jugement puis je avoir sur le monde qui m' entoure ?
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 12:44

épicure .


source jean louis chevreau .



épicure est , dit kant , " le plus célébre philosophe de la sensibilité ." en effet , seul le plaisir et la douleur que j' éprouve sont les critéres de nos jugements du bien et du mal , sans qu' il y ait contestation de la réalité de ce que nous éprouvons . la sensation est donc le critére de la connaissance . peu importe la sensation , mes sens me donnent cette sensation , elle est bien réelle . on ne peut meme pas dénoncer l' illusion des sens . on ne peut pas croire qu' ils sont trompeurs , car alors on ne pourrait plus se référer a aucun corps extérieur sensible . par exemple : la lune que je vois me parait aussi grosse que le soleil . les sens ne me trompent pas , mais c' est l' interprétation , qui sortant du domaine de la sensation me ferait dire que la lune est plus grosse que le soleil . l' erreur est dans l' opinion et non dans la diversité des sensations , dont chacune est tout ce qu' elle peut étre . cela est aussi vrai des affections que nous éprouvons . il ne faut pas opposer une autre réalité que la succession des phénoménes . laissons nous instruire par eux , et par l' évidence de la sensation . ils nous donnent la référence ultime de la vérité . le passage d' une sensation a une autre atteste dans tous les corps , et dans le notre aussi , de la réalité universelle du mouvement . tout change , tout s' altére , chaque état commence puis finit .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 19:01

épicure .



source jean louis chevreau .



pour comprendre l' existence du mouvement il faut admettre l' existence des atomes et du vide . ainsi quand nous cherchons a nous expliquer ce qui est vrai de tous les corps , nous sommes nécessairement conduit a la supposition unique des atomes et du vide . la multitude des transformations des corps suppose le mouvement d' éléments composants , aux propriétés constantes et qui ne naissent ni se perdent , sinon , nous n' observerions aucune réalité .

cette représentation qu' épicure se faisait de l' univers n' a rien a voir avec les conceptions modernes de la science expérimentale , mais le but d' épicure est tout autre , et la physique atomiste de ce vieux philosophe n' a pour but que de fonder une éthique et une sagesse . l' étude de la nature n' a qu' un seul but : donner du sens a la réalité , afin de nous délivrer des vaines superstitions . la physique a pour but la compréhension de la réalité , en accord avec l' évidence du monde sensible . nous serions privés de toute aspiration au bonheur , en laissant notre ame errer parmi les superstitions , les opinions fausses , les craintes injustifiées . le savoir est donc un reméde . le sage épicurien apporte un quadruple reméde a cette maladie de l' ame dans la conviction : qu' il n' y a rien a craindre des dieux ; que la mort n' est rien pour nous ; qu' on peut supporter la douleur ; et que l' accés au bonheur est facile .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 20:10

épicure .


source jean louis chevreau .



troublés par le spectacle de la mort et ignorants des causes des phénoménes , les hommes ont forgés des opinions fausses sur la nature du désir et la valeur de la vie . les hommes sont conduits a un désir d' immortalité , jusqu' au mépris des plaisirs de la vie . connaitre pour jouir de la vie , dans la vie elle meme , " dés ici - bas , il existe une vie heureuse " dit épicure .


il importe donc d' apprendre a distinguer les vrais et les fausses opinions , et ne pas étre affecté par des débordements passionnels . la passion est un mouvement de l' ame engendrant des mouvements du corps . l' élan de la sensibilité , loin d' étre condamnable , témoigne du dynamisme de la vie et cet élan est parfaitement légitime , si les désirs qui le provoquent le sont aussi .
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Message  oursagora le Ven 4 Nov 2016 - 23:38

épicure .



source jean louis chevreau .



dans la " lettre a ménécée " épicure pense une hiérarchie des désirs :

- des désirs vains ( qui ne sont pas naturels : comme le désir d' immortalité , le désir d' étre honoré , ou le désir de richesse ) . ces désirs proviennent de vaines opinions , de la crainte de la mort , qui se substitue en peur de manquer ( accumulation de richesses ) .
a l' égard de la mort , épicure dit : " la mort ne nous concerne en rien : en effet tout bien et tout mal est dans la sensation , et la mort est une privation de la sensation . la mort ne nous concerne en rien . en effet quand nous sommes vivants , la mort n' est pas la , et quand la mort est la , nous ne sommes pas la ."

- des désirs naturels sous deux formes :
- non nécessaires .
- nécessaires .

parmi les nécessaires , il faut considérer ceux :
- pour le bonheur .
- pour la tranquillité du corps .
- pour la vie meme .

en ce qui concerne les désirs naturels mais non nécessaires , il faut examiner en fonction des dommages qu' ils peuvent provoquer . s' ils ne sont pas nuisibles , ils seront satisfaits .
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Message  oursagora le Sam 5 Nov 2016 - 0:46

épicure .


source jean louis chevreau .


la satisfaction des désirs provoque du plaisir . " c' est pourquoi nous disons que le plaisir est le commencement et la fin de la vie heureuse " , dit épicure . le plaisir pur , sensé , est l' essence de notre vie d' homme et c' est quelque chose d' universel . meme une passion sera un bien si elle satisfait aux critéres . c' est la raison qui est maitresse du désir . épicure fait meme remarquer : " qu' il est préférable d' étre malheureux usant de raison , que d' étre heureux avec déraison ." il n' y a pas de régles morales . la seule question a me poser est : " quel avantage résultera t il pour moi si je satisfait tel ou tel désir et qu' arrivera t il si je ne le satisfait pas ?" il n' y a pas de juste en soi , meme de bien en soi , c' est le plaisir qui prouve la justesse du jugement , lorsque celui ci fait preuve d' équilibre entre le corps et l' ame , dans ma sensation . de meme , il n' y a pas de vertu sans plaisir : " je préche des plaisirs durables et non des vertus creuses et vaines " dit épicure . par exemple , la frugalité est bonne , puisqu' elle me tient en bonne santé , mais pas jusqu' a l' usage de produits médiocres ou en quantité mesquine . en somme cette tempérance du sage , qui réalise le bonheur , est vertu . la vertu n' est pas dans un devoir énoncé comme principe a priori , comme chez kant , mais dans un plaisir . par exemple , conserver la vitalité du corps n' est pas un devoir , mais un plaisir , plaisir qui consiste dans la cessation de la douleur . le vulgaire , dit épicure , " comble " le vide du néant qu' il redoute ( la peur de la mort ) par ce vide de ses désirs indéfinis : l' homme sage substitue au vide des fantasmes , le plein de jouissance de la vie , par fonction réflexive de l' esprit .
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Message  oursagora le Sam 5 Nov 2016 - 19:56

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source jean louis chevreau .


les désirs deviennent indéfinis ou illimités , dés lors qu' ils ne sont ni naturels ni nécessaires . c' est l' objet du désir qui apporte une limite . le désir n' est ni bon ni mauvais , c' est son objet qui en rend l' usage réglé ou déréglé . si le désir porte sur des simulacres ou des fantasmes ( ceux que la publicité de notre société de consommation font naitre : des produits de beauté pour rester naturels...........) , alors le désir s' auto reproduit , il devient désir de désir . l' objet visé étant un simulacre , il n' est pas apte a satisfaire le désir réellement provoqué : alors s' amorce le mouvement indéfini qui méne d' un désir a un autre désir , mais qui demeure toujours insatisfait .

conclusion sur cette sagesse épicurienne : le sage par la puissance de son esprit sait refouler les désirs dont l' objet est vain et la pratique frustrante qui en résulte . il s' éléve a la liberté , en connaissant le plaisir , bien supréme et joie , engendrés en meme temps . il jouit d' un présent serein habité par le dynamisme joyeux de la vie .
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Message  oursagora le Sam 5 Nov 2016 - 21:26

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source jean louis chevreau .


je voudrais , avant de vous exposer les influences d' épicure sur les penseurs contemporains , j' aimerais vous citer un passage de " de natura rerum " ( de la nature ) , de lucréce , poéte latin , ayant vécu a rome vers 40 av j c . poéme dans lequel il expose de maniére lyrique le systéme d' épicure .

" l' amour est une plaie qui s' envenime et s' aigrit quand on l' entretient : c' est une frénésie qui s' accroit , une maladie qui s' aggrave de jour en jour , si , par de nouvelles blessures , on ne fait diversion a la premiére , si l' on n' étouffe le mal dans son origine , en variant ses plaisirs pour faire prendre un nouveau transport de la passion . en renoncant a l' amour , il s' en faut bien qu' on se prive de ses douceurs . on en recueille les fruits sans en sentir les peines . la volupté véritable et assurée est le partage des ames raisonnables , et non de ces amants forcenés dont les ardeurs flottantes ne savent pas meme dans l' ivresse de la jouissance , sur quel charme fixer d' abord leurs mains et leurs regards ; ils serrent avec fureur l' objet de leurs désirs ; ils le blessent ; leurs dents impriment souvent sur leurs lévres des baisers douloureux . c' est que leur plaisir n' est pas pur . c' est qu' ils sont animés par des aiguillons secrets contre l' objet vague d' ou leur est venu cette frénésie . mais vénus amortit la douleur au sein du plaisir , et répand sur les blessures le baume de la volupté . en effet , les amants se flattent que le meme corps qui allume leurs feux peut aussi les éteindre ; mais la nature s' y oppose : l' amour est l' unique désir que la jouissance ne fasse qu' enflammer de nouveau . mais un beau visage , un teint brillant , n' introduisant dans nos corps que des simulacres légers , qu' une espérance trompeuse emporte trop souvent dans les airs . ainsi , vénus se joue des amants par des images illusoires ."
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 0:42

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source jean louis chevreau .



j' en viens pour finir , a la pensée de ce philosophe contemporain : michel onfray .


nous savons que la philosophie épicurienne fut en quelque sorte refoulée par la pensée chrétienne et que cette philosophie qui est un art de vivre a été souvent méprisée ou caricaturée : le pouvoir des dévots et des pédants n' aime la sagesse qu' en idée et ne tolére pas que la philosophie réalise et la divulgue en ce monde .


michel onfray s' inscrit parfaitement dans cette critique , et sa pensée prend évidemment aussi sa source dans la pensée épicurienne ( voir aussi les cyrénaiques , dont le plus célébre aristippe de cyréne , 390 av j c ) . je dis , aussi , car son vitalisme , puise également dans la pensée de nietzsche .


je me contenterai de vous faire part de quelques idées - forces de sa pensée , a partir d' un ouvrage qui a recu l' accueil favorable d' un grand public : " la sculpture de soi " , paru en 1993 .
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 1:53

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source jean louis chevreau .



en premier lieu , je soulignerai la valeureuse initiative de michel onfray , de faire revivre des philosophes de l' antiquité ou des temps modernes ( dix huitiéme siécle ) , dans ce courant matérialiste , sensualiste , libertin ou hédoniste . nous savons aussi de quelle maniére virulente , il fustige la morale chrétienne , particuliérement pour cette haine du corps et son fait pour la culpabilité ( " traité d' athéologie " ) , la mystique platonicienne , et la morale kantienne , leur préférant , les cyniques , les épicuriens , les cyrénaiques , ou a tous ces philosophes idéalistes , un la mettrie , un manpeithuis , un d' olbach ( des philosophes francais matérialistes ) , et bien sur le vitalisme de nietzsche .


en second lieu , sa position philosophique , qu' il pense comme une pratique vivante , et qui doit pouvoir conduire l' existence d' un individu , s' organise a partir d' une réhabilitation des désirs et des passions . sa pensée vise a construire , comme il le dit : " une éthique affirmative " , c' est a dire , qui " veut les parts animales en l' homme " , a savoir : " les instincts , passions pulsions , les forces , sont des vertus a l' aide desquelles se font et se défont les relations humaines dans la perspective d' une dynamique coincidant avec le mouvement de la vie " , et d' ajouter : " toute la question éthique réside dans la détermination des limites ." " l' hédonisme permet une réponse " , écrit il .
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 2:34

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source jean louis chevreau .


hédonisme=du grec " hédoné " , plaisir . au sens philosophique , l' hédonisme est une doctrine faisant du plaisir le souverain bien . l' hédonisme , selon michel onfray , est un utilitarisme , puisqu' il suppose un calcul d' intérét qui permet des bénéfices , en voluptés , en jouissances...........je cite un passage de " la sculpture de soi " au chapitre intitulé
" de l' hédonisme " : " il est ( l' hédonisme ) morale nécessitant un calcul permanent visant a déterminer sans cesse , les conditions de possibilité du maximum de plaisir pour soi et pour autrui ." voila ce qui distingue l' hédonisme négatif ( par exemple celui de don juan , qui cherche le plaisir jusqu' a sacrifier autrui ) , de l' hédonisme positif " qui veut le calcul des jubilations dans le dessein maximum de bénéfices l' un pour l' autre ." mais comme il le reconnait , pouvons nous toujours savoir , chez autrui , quel est son désir et son plaisir ? en effet , souvent le désir se cache ou se masque , " car il est habile et triomphe dans les métamorphoses " , ce que nous reprendrons avec l' analyse freudienne du désir .
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 3:53

épicure . 


source jean louis chevreau .



la solution a ce probléme consiste alors a contourner l' obstacle . si la réalisation d' un désir produit une souffrance , dans ce cas , il faut préférer le renoncement , en évitant ainsi les souffrances et les peines , sans pour autant faire coincider intrinséquement le plaisir avec le désagréable . " qu' on sache préférer éros a thanatos , les pulsions de vie aux pulsions de mort ." " l' hédonisme , dit il , n' est pas soucieux du plaisir négatif , il est volontarisme esthétique dirigé vers des plaisirs positifs en vertu desquels le bonheur , la santé apparaissent sur le mode de l' affirmation de la vitalité débordante et de la pratique dispendieuse ." cette pensée de michel onfray n' est pas sans faire penser a la
" volonté de puissance " de nietzsche . c' est aussi un monde dionysiaque , tragique , ou la volonté de jouissance est aussi une volonté de puissance celle qui est a l' oeuvre dans les passions , qui déploie sa puissance dans l' innocence totale de son affirmation . cette métaphysique d' artiste , comme le dit nietzsche , nous la retrouvons dans cette " sculpture de soi " , dans cette " morale esthétique " , de notre auteur contemporain .
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 14:48

épicure .



source jean louis chevreau .



la sagesse épicurienne consiste dans la satisfaction modérée des plaisirs simples et naturels , autant spirituels que sensibles , comme nous l' avons vu . cette sagesse est un modéle de mesure , qui réunit vertu et plaisir , loin de les opposer , tout le contraire de cet utilitarisme qui convoque le calcul comme seul point de référence . dans la recherche  du plaisir , qu' est ce qu' un calcul ? le calcul se fait a partir d' une évaluation du maximum possible de jouissance - jouir et faire jouir , comme le dit chanfort . certes , mais qu' est ce qui m' assurera dans mon calcul , que ma jouissance reste bien partagée et partageable par autrui , surtout si celle ci procéde de ma seule sensation ? la relativité des gouts , des saveurs , des odeurs , bref des plaisirs , pourrait au contraire me convaincre qu' ils sont difficilement partageables . l' hédonisme est nécessairement aristocratique et solitaire . c' est dans cette solitude aristocratique que le marquis de sade déploie le champ de tous ses plaisirs : nous savons bien , en ce qui concerne l' amour , comment il est difficile de respecter la subjectivité de l' aimée dans sa liberté . sartre pense cette difficulté , puisque l' amour est désir de désir , désir de possession . l' amour est une relation entre deux consciences . chacun y exige que l' autre la percoive comme prolongement nécessaire de soi . le seul amour possible serait un pur engagement , sans désir de réciprocité . j' ai , a ce propos , retenu cette belle pensée de robert maggiori ( un philosophe contemporain ) : " seul l' amour m' ouvre a l' autre tel qu' il  est en lui meme , car j' aime non pour aimer ou étre aimé , ni pour aimer tout court ou aimer l' amour , mais pour l' aimer tout seul , absolument et gratuitement ."
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 16:53

épicure .


source jean louis chevreau .



sommes nous certains de comprendre clairement ce qui est désiré ? nous verrons avec freud , comment cet obscur objet du désir a partie liée avec un fantasme inconscient . les hommes ne se trompent ils pas sur l' objet qu' il leur faut désirer pour atteindre le bonheur ? mais d' ores et déja , ne voyons nous pas comment , dans sa forme marchandise , le plaisir auquel nous sommes invités est un simulacre ? n' y a t il pas dans cette exaltation de la jouissance , dans cette banalisation dionysiaque du désir , dans ce culte hédoniste , frénétique , quelque chose de tout aussi pathogéne et mortifére que l' inhibition qu' elle a remplacée ?

le triomphe du déchainement des pulsions , sous le couvert d' une libération , n' est elle pas le contraire de la libération sublime obtenue par l' harmonisation d' une unification profonde du moi , qui , elle , est une élévation difficile ?

enfin , comme le dit deleuze dans " dialogues " : " il y a beaucoup de haine , ou de peur a l' égard du désir , dans le culte du plaisir ."

nous verrons comment platon , dans son célébre et beau dialogue : " le banquet " , fait de l' amour le centre de sa philosophie , et qu' il y a donc une sagesse de l' amour , puisque la philosophie , comme amour de la sagesse , procéde du désir .
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Message  oursagora le Dim 6 Nov 2016 - 19:49

épicure .



source jean louis chevreau .
 


de michel onfray , je préfére ses premiers travaux , dont ce bon livre : " le ventre des
philosophes " , ou il mesure quelques philosophes , a leurs désirs ou a leurs choix culinaires . je cite quelques passages : " la diététique est une modalité sérieuse du paganisme , sinon de l' athéisme et de l' immanence . plus de risque d' aliénation avec un quelconque recours a l' en dehors ou l' au - dela . il n' est d' ailleurs pas étonnant , qu' indépendamment du mot et des séries multiples d' interprétations qu' il a impliquées , ce soit a ludwig fewerbach que l' on doive le célébre : " l' homme est ce qu' il mange ." que " le corps est le fondement de la raison , le lieu de la nécessité logique " , ou que " le monde des sens est le fondement , la condition de la raison ou de l' intelligence ."

c' est semblablement , dans cette enquéte , que constitue " l' usage des plaisirs " , que foucault écrira : " la pratique du régime , comme art de vivre , est toute une maniére de se constituer comme sujet qui a , de son corps , le souci juste , nécessaire et suffisant ." le désir culinaire se fait soit gastronomie , soit diététique , mais dans les deux cas , il devient art de vivre , ou science de la subjectivité , comme chez les grecs . on se rappelle aussi du mot de brillat - savarin , dans sa 
" physiologie  du gout" : " dis moi ce que tu manges , je te dirai qui tu es ."

toutefois un certain nombre de questions se posent a propos de cet hédonisme , ou de cet utilitarisme jubilatoire , comme il l' appelle .
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Message  oursagora le Mar 8 Nov 2016 - 1:18

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans " le
banquet ."


source jean louis chevreau .


introduction .



j' en commencerai par une anecdote concernant mon expérience de professeur . j' ai mis en scéne " le banquet " , en respectant intégralement le texte , d' un bout a l' autre . nous avons concu et réalisé avec les éléves et des collégues , ce dialogue théatralisé , sous le chapiteau d' un petit cirque , avec le rond de la piste et les gradins , donnant encore un peu mieux l' aspect de " l' orchestra " du théatre antique . nous avions donc théatralisé un dialogue de platon , qui , nous le savons bien , dans sa forme meme , a gardé le mouvement scénique , le dialogue vivant , et les péripéties , comme cette arrivée en fanfare d' alcibiade , bien éméché ; sans compter la présence du plus grand auteur de comédies de son temps : aristophane .
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Message  oursagora le Lun 14 Nov 2016 - 22:35

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans le 
" banquet ."



source jean louis chevreau .



nous savons que platon aurait brulé ses tragédies , lorsqu' il rencontra socrate . mais , malgré la critique qu' il fit par ailleurs de l' art , dans son expression réaliste , et donc comme producteur de simulacres , il garda cependant la forme dialoguée du théatre , entre plusieurs personnages qui vont et qui viennent en un lieu d' exposition privilégié . nous savons que cette forme dialoguée est celle qui rend compte le mieux de ce gout socratique de la dialectique , ce débat vivant et parfois passionné , impétueux , comme au théatre , ou proche aussi de la comédie la plus burlesque .


je vous rappelle le sens de la dialectique : dialectique vient du mot dialogue . c' est la poursuite d' un dialogue a travers un échange rigoureux de questions et de réponses en vue d' attendre la vérité sur un sujet précis . cet échange est rigoureux si l' on ne confond pas , démarche rationnelle visant l' universalité , et joute d' opinions subjectives , suite d' exemples particuliers et contingents tiré du témoignage des sens . nous verrons que la dialectique est en quelque sorte cette échelle de corde qui nous permettra de nous rapprocher de la beauté . n' oublions pas non plus , cette importance du " logos " , du discours qui est raison , et en tant que langage maitrisé qui est l' expression d' un monde éternel , a la différence du monde que nous voyons . monde éternel , parce que le langage est fait d' idées , de concepts , et qui se rapproche le plus du monde des idées . et c' est donc dans le langage que se passe la réminiscence des idées , des essences . par le langage , nous vivons ce que l' on pense . je deviens juste , en pensant ce qu' est la justice .
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Message  oursagora le Lun 14 Nov 2016 - 23:38

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans le 
" banquet ."



source jean louis chevreau .



avant de situer ce dialogue , son enjeu , ses personnages et leurs discours , je voudrais simplement rappeler aussi l' idée directrice de la pensée platonicienne : la distinction monde sensible et monde intelligible . pour faire court , je dirai que pour platon , la pensée déborde le langage , tout en étant en lui , car au - dela des mots , il existe des réalités , qui cependant ne peuvent étre atteinte que par l' usage de toutes les ressources du " logos " ( discours et raison ) . simplement , ces réalités ne sont pas celles que nous pouvons décrire par les sens , mais c' est une réalité accessible que par ma seule intelligence . ajoutons que ces réalités intelligibles , accessibles par l' esprit , ont plus de réalité que les choses qui me sont données a la sensibilité . face aux tentatives des penseurs présocratiques comme démocrite , pour penser le  monde dans sa matérialité , platon proposera une nouvelle cosmologie , ou les idées ( " idos " ) , les essences , constituent la vraie réalité , et forment une réalité supérieure , cachée a nos sens . je suis certain que vous vous souvenez de l' allégorie de la caverne , ( livre 7 de la " république " ) , de sa montée dialectique vers le soleil , vers la permanence du monde des essences , vers le vrai , tournant le dos au monde des ombres et des simulacres .
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Message  oursagora le Mar 15 Nov 2016 - 1:36

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans le
" banquet ."



source jean louis chevreau .


si le monde sensible détient quelques perfections , ce n' est qu' en raison de son rapport , de sa " participation " , avec le monde sensible . si par exemple , je désire une belle personne , sa beauté me séduira , non pas par sa matérialité , en elle meme , mais par ce qu' elle rayonne en elle , de l' idée de beauté , de quelques éclats de cette beauté qui s' y est déposée . cela se réalise sans que nous le sachions trés clairement , d' ou le sentiment mystérieux qui s' attache a cette séduction . nous verrons en quoi ce désir nous fait éprouver un manque , éprouver un désir pamélique , comme si nous avions déja vécu cette rencontre avec le beau en soi , que nous l' ayons oublié , et que nous en éprouvions en nous son action , sans en saisir l' origine , et que platon nomme les réminiscences .

en somme , les essences , ou idées , ces choses du monde intelligible , transparaissent dans le monde visible . par exemple l' ordre avec lequel le monde est agencé : l' univers est intelligemment ordonné , qu' on songe a l' harmonie du ciel et des mouvements astronomiques , a l' organisation remarquable des étres vivants , et cela parce que les idées , et la premiére d' entre toutes , le bien , sont les causes intelligentes et ordonnatrices de ce monde . mais aussi la beauté qui de toutes les idées a le privilége de se manifester avec le plus d' évidence dans ce monde : les beautés visibles ici - bas suceptibles de nous ravir et de nous enthousiasmer sont comme une interpellation du monde divin des idées , une invitation a ce que notre ame rejoigne le séjour des idées dont elle est originaire . le désir deviendra donc contemplation , savoir intelligible , science , et ainsi il deviendra désir d' éternité . ce désir s' opposera au désir de jouissance des choses périssables , et infiniment multiples . ce désir est malheur de la privation , du manque , puisqu' il ne peut se satisfaire durablement . plus je cherche a jouir , moins je jouis . c' est en cela que l' on peut parler de l' ironie du désir  .

de fait , c' est le théme meme " du banquet " : l' amour que suscitent les beautés d' ici - bas , nous est une occasion de nous ressouvenir de la réalité de la beauté , de l' idée de beau .

le désir amoureux est une voie d' accés priviligié a la science : par et dans l' amour , l' homme s' instruit et peut s' élever a l' étre et a la vérité .
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Message  oursagora le Mar 15 Nov 2016 - 16:21

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans le
" banquet ."


source jean louis chevreau .



un mot concernant la question de l' homosexualité dans le " banquet ." michel foucault , dans " l' usage des plaisirs " , fait remarquer que la mise en probléme du désir n' est pas le meme chez le grec que chez l' homme occidental contemporain . pour l' homme contemporain , la question essentielle est de savoir d' ou vient ce désir qu' on appelle différent , autre , s' il dérive d' une histoire personnelle , ou s' il est issu d' un héritage génétique ( débat qui a rebondi aujourd' hui , avec la délinquance , et les propos de qui vous savez ) . sur un plan éthique , dés lors que l' homosexualité est acceptée , aucune morale particuliére ne lui est appliquée . les régles de la vie de couple et de la vie sociale sont les memes pour tout le monde . la question contemporaine porte sur l' origine du désir , mais non sur les normes d' une conduite . le grec au contraire ne se pose pas le probléme de l' origine de ce désir , puisqu' il considére que tous les désirs sont dans la nature , mais il considére qu' une éthique particuliére doit en quelque sorte régler le comportement .
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Message  oursagora le Mar 15 Nov 2016 - 20:32

la conception platonicienne du désir : le mythe de la naissance d' éros dans le
" banquet ."


source jean louis chevreau .


aprés ces généralités concernant quelques traits de la philosophie platonicienne , et ayant souligné le théme principal " du banquet " , nous allons nous rapprocher du texte , mais en ne retenant que deux passages remarquables : le discours d' aristophane et celui de socrate , rapportant les paroles d' une prétresse , diotime .
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Message  oursagora le Mar 15 Nov 2016 - 21:21

lecture du discours d' aristophane .


source jean louis chevreau .


aristophane est un grand auteur de comédies , aussi célébre que moliére au dix septiéme siécle , un bouffon de génie ( voir ce hoquet qui empéche aristophane de parler ) , dont le grotesque , la paillardise , n' enlévent cependant rien a la profondeur des critiques qu' il adresse a ses contemporains . ( " les nuées " , comédie dans laquelle il se moque de socrate , et " l' assemblée des femmes " , une comédie qui fait , contre le
machisme ambiant , l' éloge du génie féminin . " les oiseaux " , également chef - d' oeuvre ) .

dans son discours ( que platon fait , composé avec beaucoup de subtilité ) , aristophane révéle la puissance d' éros , qui seul peut guérir de ce mal ( le mal d' amour ) dont la guérison constitue pour l' espéce humaine la plus grande des félicités .
éros étant a la fois maladie et médecine .
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Message  oursagora le Mar 15 Nov 2016 - 22:05

lecture du discours d' aristophane .


source jean louis chevreau .



pour ce faire , aristophane va décrire l' état antérieur de l' espéce humaine et indiquer l' origine du mal qui la frappe . a l' origine , la nature humaine comprenait trois genres : le male , l' androgyne et la femelle . cet étre ne formait qu' un seul et avait la forme d' un oeuf avec quatre pieds et quatre mains et deux visages placé a l' opposé l' un de l' autre , et surtout deux sexes , male et femelle et composé des deux pour l' androgyne . les dieux grecs sont jaloux et , voyant ces étres prétendre rivaliser avec les dieux , zeus décide de les couper par leur moitié . apollon soigne la blessure , et le nombril reste la trace de cette coupure originelle ( sexe vient du latin " sécaré " qui signifie coupure ) . ainsi chaque moitié tente de retrouver l' autre moitié ( d' ou cette expression du langage courtois , " ma moitié " ) . cependant la recherche de sa moitié conduit les hommes a une quéte constante , infinie et impossible , et zeus reforme ainsi un sexe pour chaque moitié et rendit ainsi possible l' union sexuelle , union intermittente , qui permet aux hommes de vaquer a d' autres occupations .
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Message  oursagora le Mer 16 Nov 2016 - 2:38

lecture du discours d' aristophane .


source jean louis chevreau .



remarquons en premier lieu , dans ce mythe , qui dit que la raison ne sait pas dire
( l' amour peut il se dire rationnellement et conceptuellement ? ) , que la nature humaine est ainsi décrite comme une chute , une mutilation , comme le mythe biblique ! cependant , a l' inverse du mythe biblique , la chute vient de la trop grande perfection de cet étre d' origine . il est parfait , car parce qu' il est androgyne , il ne désire rien , il ne manque de rien . en second lieu , ce mythe souligne le caractére prométhéen de cette nature humaine . meme coupés en deux , ils sont encore ambitieux , et d' une certaine maniére ils veulent étre dieu , et désirent se dépasser , et conquérir le monde . en cela ce mythe nous rapproche de celui que platon développe dans le " protagoras " , le mythe de prométhée . prométhée , lui aussi , sera puni par les dieux .
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Message  oursagora le Mer 16 Nov 2016 - 8:30

lecture du discours d' aristophane .


source jean louis chevreau .



aristophane introduit une bonne distance " anthropologique " en relation avec une distance cosmologique , entre le ciel et la terre male et femelle , et une bonne distance théologique entre les hommes et les dieux . éros permet ainsi de reconstituer provisoirement leur antique unité . comme ces retrouvailles ne peuvent exister que dans l' union sexuelle , aristophane va décrire les différents comportements possibles , comprenant aussi bien l' homosexualité que l' hétérosexualité , masculine ou féminine .
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Re: Le désir

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