La Résilience

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La Résilience

Message  Francesca le Jeu 6 Sep 2012 - 5:32

Propos de Gaëlle Cosnuau :

L’exercice que j’ai choisi est tiré de l’avant-dernière rencontre du groupe d’Entraide pour les Endeuillés que j’ai suivi à Sercan fin 2004- début 2005. Il s’agit de l’"Héritage".

Certains spécialistes affirment qu’en fait de résilience il ne s’agirait tout simplement qu’une forme de deuil avec ses trois phases :

1. Le traumatisme,
2. l’état dépressif
3. et l’assimilation du deuil!


Installez vous confortablement, là ou vous êtes bien (chaise ou tapis), vous permettant de trouver l’espace adéquat pour vous intérioriser. Prenez une feuille ou votre cahier.

Pensez tout d’abord à un deuil douloureux de votre existence, que ce soit la mort d’une personne proche, une rupture amoureuse fracassante, une perte d’emploi, une maladie, ou le deuil d’une relation avec une personne proche (parent, ami) qui vous a blessé, délaissé, abandonné (ou que vous le ressentiez comme tel).

Une fois que vous avez identifié clairement la personne, fermez vos yeux, laissez là apparaître sous son plus beau jour, son plus beau visage, sourire…et contemplez là sans jugement, sans émotion… remerciez-là d’avoir été, ou d’être sur votre chemin…de Vie.

Pensez maintenant à toutes les qualités, les réussites, les merveilleux accomplissements, les passions de cette personne.

Laissez émerger tout ce qu’il y a de plus beau, de plus grand chez cette personne à tous les niveaux ( physique, psychologique, émotionnel, spirituel)…

Quand vous serez prêts , ouvrez vos yeux et notez au moins une dizaine de qualités, d’attributs qui vous sont apparus.

Sur ces 10, sélectionnez les trois principaux, les 3 caractéristiques les plus importantes pour vous.
À présent avec chacun de ces mots, expressions…, affirmez :

"Cette qualité (ce trait de caractère) que je reconnais en toi, maintenant que tu es parti (ou que je choisis que tu ne sois plus sur ma route ) , je le reçois, je le fais mien, je désire le faire grandir en moi-même…et il m’appartient désormais, il fait partie de moi…."

Vous les recevez en "Héritage" de cette personne.

Quand on complète avec succès cette étape, on affirme généralement que la personne a terminé son deuil !


Quelqu'un d'ente-vous a-t-il déjà testé la résilience dans sa vie, les amis ?


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Source : extrait du travail de Gaëlle Cosnuau sur l’ouvrage de Boris Cyrulnik
http://www.yogapourtous.ca/Files/resilience_e_book.pdf

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Résilience : beau témoignage

Message  Francesca le Mar 18 Sep 2012 - 19:17


Ils ont souffert, parfois même connu l’inimaginable. Douleur a rimé avec horreur à un moment de leur parcours de vie. Et pourtant, ils s’en sont sortis. Ils nous disent comment.

Voici un témoignage
Josyane, 52 ans, secrétaire juridique

" À 19 ans, j’ai rencontré Salomon au mariage de ma meilleure amie. "

Nous avons dansé un slow tous les deux qui a vite laissé place à un grand étonnement : nous nous aimions déjà ! Quatre mois plus tard, j’étais enceinte. Un vrai bonheur. Quinze jours avant la naissance de Nicolas, mon compagnon, peintre en bâtiment, faisait une chute mortelle. L’abomination. Le lendemain de l’enterrement, j’accouchais d’un petit garçon de 2 kg 490. Le portrait craché de son papa : je me suis détournée de ce bébé que je n’ai pas voulu allaiter. Ma vie n’avait plus de sens. J’ai repris mon travail dès que j’ai pu. Je ne m’intéressais pas vraiment à mon enfant. Je ne suivais pas les conseils alimentaires du pédiatre. À deux ans, Nicolas a échappé à la surveillance de la nourrice. Il a couru après son ballon. Une voiture passait à ce moment-là. Le choc fut très violent. Les secours n’ont rien pu faire pour sauver mon petit garçon. J’ai connu la dépression et l’enfer de la spirale psychiatrique. Une infirmière, émue par mon histoire, m’a offert le livre du docteur Joseph Murphy, "Exploitez la puissance de votre subconscient". J’ai dévoré cet ouvrage en un week-end. J’ai appliqué sa méthode. La technique de visualisation positive fait des miracles.

Pourquoi ça a marché ?
J’ai appris à regarder du côté de la lumière. Ainsi, je n’ai plus eu de haine vis-à-vis de moi-même et la culpabilité s’est évanouie peu à peu.

Aujourd’hui
J’ai bénéficié d’une réinsertion professionnelle progressive intelligente grâce à l’A.N.P.E. En outre, le psychiatre m’avait fortement conseillé de déménager et de changer de lieu de travail. Je l’ai écouté. Tout s’est passé comme par magie. Coup de foudre avec mon nouvel employeur qui venait de divorcer. Et, en plus, la venue de jumelles, Marine et Mélody, âgées maintenant de 12 ans.

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Re: La Résilience

Message  Francesca le Mar 18 Sep 2012 - 19:19

Résilience : voici un autre témoignage de
Karine, 29 ans, fleuriste

"Christophe passe un samedi après-midi chez moi."

Je venais d’avoir 17 ans. Lui en avait 22. Je révisais mon bac de français. Il voulait me faire faire un tour avec la moto qu’il venait de s’offrir. Je ne voulais pas y aller. J’étais facilement agressive à l’époque. Ma mère, un peu choquée par le fait que je sois si peu accueillante, insista pour que j’aille me promener sur le bel engin. Je m’agrippais, très crispée à la réflexion, à mon copain de route, sans aucun enthousiasme et surtout très en colère.

Sur le trajet, je me disais que j’étais influençable et que j’avais bien mieux à faire que des kilomètres à vive allure dans une campagne que je connaissais depuis ma plus tendre enfance. Christophe cherchait à me rassurer et me demandait de temps à autre si ça allait. Je faisais exprès de ne pas lui répondre. Je préférais d’ailleurs qu’il regarde la route. Il continuait à chercher à discuter. Soudain, j’ai capté un ultime "Cramponne-toi…" Je garde le souvenir d’une chute violente, lourde et… plus rien… Me reviennent parfois des images du transport dans l’ambulance des pompiers mais je ne sais si c’est la réalité : on m’a tant de fois raconté mon accident ! Par contre, ma jambe droite me faisait hurler de douleurs mais j’avais l’impression que les cris ne sortaient pas. Ils restaient coincés à l’intérieur de moi. Christophe m’a d’ailleurs dit que je n’avais jamais crié… Peu importe, j’ai été amputée… Je suis amputée mais je vais vous étonner : j’ai perdu la mauvaise partie de moi-même ! Certes, il y a eu mes réactions violentes, au début, devant l’inacceptable. Les excuses du médecin qui m’a assuré avoir fait tout ce qu’il a pu pour sauver ma jambe. Il y a eu aussi le rejet de ma mère, de Christophe, de tout mon entourage qui se voulait compatissant. Je devenais odieuse, méchante, intolérante. Des semaines après mon accident, j’ai connu le centre dit de rééducation ! Rééduquer quoi ?, pensais-je alors. La révolte grondait dès que j’en avais l’occasion. Les visites se sont espacées à mon chevet. Je ne m’en suis pas rendue compte tout de suite.

Mais, peu à peu, même mes parents me semblaient moins présents, eux pourtant si dévoués et tant à l’écoute. Ainsi mon caractère a changé. Bien sûr, il a fallu du temps. L’absence des êtres aimés, leurs silences, m’ont fait comprendre à quel point je les avais fait fuir. J’ai pris alors un miroir et j’ai vu mon visage : dur, fermé. Un véritable roc. J’ai décidé une auto-rééducation : j’ai forcé ma bouche à sourire. Je me suis entraînée plusieurs fois par jour. Premier constat, premier résultat : le corps médical me trouvait de plus en plus en forme. C’était logique, maintenant je souriais. Et j’ai eu l’idée de demander à une infirmière d’avoir la gentillesse de faire envoyer un énorme bouquet de fleurs à mes parents. Je lui avais remis un petit mot qu’elle devait donner à la fleuriste. J’ai demandé à cette infirmière de lire ce que j’avais écrit. Ce qu’elle fit. Tout en se mettant à pleurer. J’ai compris alors que j’étais parvenue à ouvrir mon coeur.

Pourquoi ça a marché ?
Les gens se plaignent souvent d’être envahi par le trop. Moi, j’ai – par ma faute – fait l’expérience de l’envahissement par le vide. C’est de ce sentiment réel de ne plus pouvoir s’étayer sur personne que j’ai réalisé combien nos interlocuteurs nous sont précieux. Et combien même ils nous entraîneraient dans leur chute, j’ai acquis la certitude qu’il est toujours possible de se relever.

Aujourd’hui
Ce bouquet de fleurs à mes parents, leur joie, leur émotion, m’ont conquise. Tout comme la célèbre publicité "Dîtes-le avec des fleurs…" C’est à ce moment précis que j’ai décidé de devenir fleuriste. Côté affectif, tout va pour le mieux aussi. J’ai voulu apprendre ce métier jusque dans ses plus infimes rouages. J’ai eu l’opportunité de visiter une énorme exploitation florale du sud de la France. J’ai rencontré Étienne, en apprentissage du métier d’horticulteur. Ce qui nous a rapprochés ? Notre amour de la nature évidemment. Et une curieuse coïncidence : son père, motard, plusieurs fois médaillé… Cet homme, adorable, a su dédramatiser mon handicap. Tout simplement parce que sa profession l’a conduit a côtoyé l’abominable et qu’il sait comment il faut m’aborder les matins chagrins. À la retraite maintenant, il nous aide à notre commerce dès qu’il le peut puisque Étienne et moi avons donc investi dans une jolie petite boutique. Je fais mes bouquets avec tendresse, persuadée qu’ils dégagent de bonnes énergies pour qui les reçoit…


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